Cinemamed 2026

01/12/26

Produire en exil : les nouvelles géographies du cinéma méditerranéen

Rencontre professionnelle gratuite durant le festival Cinemamed 2026

En français

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Comment produire depuis l’exil ? Comment financer, tourner, accompagner et diffuser un film lorsque les équipes sont dispersées, que les infrastructures locales sont fragilisées ou que les mécanismes nationaux de soutien ne peuvent plus fonctionner normalement ?

A partir d’expériences liées au Liban, à la Syrie et plus largement aux territoires méditerranéens traversés par les conflits et les déplacements, cette rencontre propose de réfléchir aux nouvelles géographies de la production cinématographique.

L’objectif n’est pas de réduire les cinémas concernés à leur contexte de guerre ou d’exil, mais de comprendre comment leurs professionnels inventent de nouvelles manières de produire : en déplaçant les lieux de tournage, en travaillant depuis l’Europe, en construisant des coproductions transnationales, en mobilisant de nouveaux fonds ou en s’appuyant sur des réseaux professionnels internationaux.

Programma

La rencontre partira de plusieurs expériences concrètes de production.

  • Jennifer Ritter, productrice chez Atata Production, et Rakan Mayasi, réalisateur, viendrons notamment partager l’expérience de Yesterday the Eye Didn’t Sleep, réalisé par Rakan Mayasi, et présenté en première nationale au CINEMAMED. Le film, coproduit entre la Belgique, le Liban, la Palestine, le Qatar et l’Arabie saoudite, a été présenté en 2026 à Cannes dans la section Un Certain Regard. Il s’agit du 1er film issu des accords de co-production entre la Belgique et le Liban
  • Guillaume Malandrin, d’Altitude 100 Production, permettra de revenir sur Insyriated de Philippe Van Leeuw, coproduit entre la Belgique, la France et le Liban. Le film constitue un exemple particulièrement éclairant d’une production européenne confrontée à un récit situé au cœur de la guerre en Syrie, mais tourné au Liban, avec un financement associant notamment le CNC, Eurimages et la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Julie Frères, accompagnée de Tawfik Sabouni, réalisateur belgo-syrien de L’Autre Côté du Soleil qui revient sur les années d’emprisonnement du réalisateur dans la prison Saidnaya. La chute du régime de Bachar al Assad a finalement rendu possible le tournage sur les lieux-mêmes.

 

Ces trois expériences permettront de poser une première série de questions très concrètes : Où produire? Avec quels partenaires? Où trouver les financements? Comment organiser une équipe lorsque les professionnels ne peuvent plus se réunir dans un même pays? Et comment faire circuler un projet entre plusieurs systèmes de production ?

 

La deuxième partie de la rencontre déplacera le regard vers les institutions et les mécanismes de financement, et ouvrira la réflexion à l’échelle européenne.

  • Jeanne Brunfaut, directrice générale de la culture de la FWB, présentera notamment le European Solidarity Fund for Ukrainian Films (ESFUF) ainsi que les dispositifs de coproduction internationale auxquels peuvent avoir recours les producteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette intervention permettra également d’examiner les accords de coproduction conclus par la FWB avec plusieurs pays méditerranéens (Tunisie, Maroc et, depuis 2025, le Liban) auxquels s’ajoutent les mécanismes liés aux conventions européennes et internationales de coproduction.
  • Tamara Tatishvili, à la tête du Hubert Bals Fund de l’IFFR (Rotterdam), permettra enfin d’aborder l’évolution des mécanismes internationaux de financement. Le Hubert Bals Fund travaille avec des cinéastes issus de territoires où les infrastructures cinématographiques sont limitées ou restrictives. Son « Displacement Film Fund », lancé en 2025, est spécifiquement consacré au soutien de cinéastes déplacés ou travaillant sur les expériences de déplacement ; sa première édition a notamment soutenu des cinéastes ukrainiens, syriens, afghans, iraniens et somaliens.
  • Mohanad Yaqubi, cinéaste et producteur, membre du Palestine Film Institute, qui travaille notamment à la création de programmes visant à soutenir le développement, la diffusion et la préservation à long terme du cinéma palestinien. Il est également chargé de cours chercheur à la KASK School of the Arts de Gand. Son travail porte notamment sur le cinéma, en considérant les archives imparfaites comme un moyen de relier les mémoires vivantes. Son dernier film, « Les Révolutionnaires ne meurent jamais » a remporté un prix lors du dernier festival de Locarno et sera présenté au Cinemamed.

 

Les questions au cœur de la rencontre

  • Comment produire lorsque le territoire de tournage ou de production devient inaccessible ou trop dangereux ?
  • Comment accompagner un cinéaste dont l’équipe et les partenaires sont dispersés entre plusieurs pays ?
  • Quels financements européens peuvent prendre le relais lorsque les mécanismes nationaux ne sont plus accessibles ?
  • Comment les accords de coproduction peuvent-ils contribuer à maintenir une activité cinématographique ?
  • Comment organiser concrètement une production entre territoire d’origine, pays d’exil et pays de coproduction ?
  • Quel rôle pour les festivals, marchés et fonds internationaux dans cette nouvelle géographie ?
  • Comment éviter que les cinématographies issues de territoires en crise ne soient uniquement perçues à travers le prisme du conflit ?
  • Et, plus largement, que peut faire un festival comme CINEMAMED pour contribuer à maintenir des liens professionnels, des circulations et des possibilités de production ?

En réunissant producteurs, institutionnels et professionnels de marchés internationaux, cette rencontre souhaite déplacer la question de l’exil : non seulement comme expérience individuelle ou politique, mais comme réalité économique et professionnelle qui transforme aujourd’hui les géographies du cinéma.

Dans cette perspective, Bruxelles peut être envisagée comme un espace de rencontre entre plusieurs territoires de production : un lieu où se croisent producteurs, institutions, fonds, festivals et cinéastes, et où peuvent se construire de nouvelles formes de coopération.

Praktische informatie

Mardi 1er décembre 2026 à 18h00

Cinéma Palace (Foyer Hamesse)

La séance sera suivi d’un petit cocktail.

La rencontre est gratuite, mais la réservation est obligatoire

Handige bronnen

Chaque participant.e bénéficiera gratuitement d’un billet pour le film « Yesterday The Eye Didn’t Sleep / Une disparition » de Rakan Mayasi, qui est projeté le même soir à 21h au Palace. La place sera distribuée au desk d’accueil lors de la rencontre.

Participation gratuite, inscription obligatoire